Terrains communs : récits d’écologie populaire

Une collection de podcasts qui donne à entendre une écologie ancrée dans le quotidien des habitant·es, en Bretagne et dans les Pays de la Loire. La série explore des initiatives citoyennes — jardins partagés, coopératives alimentaires, projets d’entraide ou de mobilité solidaire — portées par celles et ceux qui agissent pour des conditions de vie dignes. Ces récits donnent corps à une écologie populaire, indissociable des luttes sociales, qui articule protection du vivant, justice environnementale et accès équitable aux ressources essentielles. En faisant le choix de la parole des habitant·es et des collectifs locaux, la collection met en lumière une transition écologique construite à partir des réalités sociales et territoriales, fondée sur la solidarité, l’éducation populaire et le pouvoir d’agir collectif. Elle rappelle qu'aucune écologie ne peut être durable si elle n'est pas sociale et démocratique.

Dans les années 70, un projet de développement économique de la presqu'île de Guérande vise à la construction d'une rocade en lieu et place des marais salants de Guérande. Sauvé par la mobilisation citoyenne, cet espace de biodiversité est modelé quotidiennement par un ensemble de paludier.es, qui jouent un rôle dans la gestion de l'eau et l’accueil des oiseaux migrateurs. Au-delà de la sauvegarde du métier de paludier et de la valorisation du sel, c'est toute une filière agricole exemplaire qui est née de cette lutte sociale et environnementale ou la transmission est le maître mot.

Un reportage de Michel Sourget d'AlterNantes FM avec Charles Perraud, Julien Mano, Pierre Cottais, Gabriel Courroucé et Abdel Forbs Djalo suivi d'une interview de Gildas Buron, historien, linguiste et conservateur du Musée des marais salants de Batz-sur-Mer.

La mobilité est un handicap majeur dans nos territoires ruraux. Transports en communs insuffisants et coûteux pour les collectivités, personnes isolées, défaut de véhicule ou de permis de conduire... nombreux sont les motifs qui creusent les inégalités face aux déplacements du quotidien. Pour pallier cette problématique, des solutions existent comme le transport à la demande (TAD) qui est porté par la collectivité. Mais l’offre n’est pas à la hauteur des besoins croissants dans l’ouest de la France, un territoire de plus en plus dense en population sur de nombreuses communes. Ainsi, ce dispositif est épaulé par le Transport d’utilité sociale (TUS) ou transport solidaire qui est assumé par le monde associatif.

Un reportage de Valérie Le Crom de Jade FM avec Monsieur Isaia et Madame Balabagnan, président et vice-présidente de l’association Les retz chauffeurs, Vincent Peaudeau, responsable du Transport à la demande pour Pornic Agglo Pays de Retz suivi d'une interview de Maxime Guinepain, chercheur à l’INRA sur la thématique des mobilités quotidiennes des travailleur·ses en France.

Comment garantir à toutes et tous un accès à une alimentation saine, de qualité, durable et accessible financièrement ? C’est l’objectif que poursuit la Sécurité sociale de l’alimentation - - SSA.

Inspiré du modèle de la santé, il est le fruit d’études et de recherches menées depuis 2019 par différents groupes et associations comme le CIVAM, la Confédération paysanne ou encore l’INRA. En Pays de Morlaix, une expérimentation sur le sujet a été lancée en 2025 par un collectif. Composé d’une centaine de citoyennes et citoyens vivant sur ce territoire, il est accompagné et porté par quatre structures associatives : l’ULAMiR-CPIE centre social et centre d’éducation à l’environnement, le Résam maison des associations, le Buzuk porteuse de la monnaie locale, l'Adess et le pôle ESS du Pays de Morlaix.

Un reportage de Pierre-Louis Leseul de Radio U avec des membres du collectif de la Sécurité sociale de l’alimentation en Pays de Morlaix suivi d'une interview de Jean-Claude Balbot, paysan et co-fondateur des Soulèvements de la terre et du GAB 29.

Dans le département du Maine-et-Loire, 66% du territoire est occupé par des surfaces agricoles. Au-fur-et-à-mesure des années, les parcelles cultivées se sont étendues au détriment des haies et des petites forêts, supprimées pour gagner de la place. Or, ce sont des zones importantes pour la faune et la flore.

Pour pallier leur disparition, l’association Les Pics Verts de la Loire sensibilise, mobilise et accompagne les citoyen·nes autour des enjeux environnementaux, de la biodiversité et de la transition écologique à l’échelle territoriale. Ils démontrent ainsi que les réponses aux défis environnementaux peuvent être locales, collectives et à la portée de toutes et tous, notamment en plantant chaque année une micro-forêt grâce aux bénévoles. Une action qui questionne la place des initiatives citoyennes et associatives dans la protection des communs naturels.

Un reportage de Michel Boutreux pour RPSFM avec Laurent Méraut président de l’association “Les Pics Verts de la Loire”, Thomas Forestier bénévole de l’association suivi de l'interview d'Arnaud de Lajartre, docteur en droits de l’environnement et de l’urbanisme à l’Université d’Angers.

L’écologie populaire commence par l’éducation des plus jeunes. Mais pour bien les guider, il faut de bons formateur·rices. C’est la raison pour laquelle la Ligue de l’enseignement propose des ateliers de formation à destination des animatrices et animateurs de centre de loisir de Vendée.

C’est au cœur de la Roche-sur-Yon, dans le quartier Pyramides, que se trouve un jardin pas comme les autres. Une sorte de terrain expérimental idéal pour apprendre en compagnie de Loïc Sicallac, formateur pour  la FOL 85, l’antenne de la Ligue locale.

Un reportage de Bastien Mathieu de Graffiti Radio à la Roche-sur-Yon suivi d’une interview de Jean-Baptiste Comby, maître de conférences en sociologie à l’Université de Nantes. Il a mené une enquête qualitative et quantitative sur les liens entre modes de vie, classes sociales et environnement. Il en ressort un essai Ecolos, mais pas trop… sorti aux éditions Raisons d’agir.

60 % du parc immobilier de l’Île d’Yeu est constitué de résidences secondaires. La pression foncière est d'autant plus forte qu'en dix ans, les locations à l’année ont diminué de 30 %, rendant l’accès au logement de plus en plus difficile pour les habitant·es permanents. La recherche d’une location stable ou l’accession à la propriété devient ainsi critique sur l’île comme sur l'ensemble du littoral des Pays de la Loire et de la Bretagne. Pour répondre à cette réalité, l'habitat coopératif est une alternative non spéculative au marché insulaire comme le démontre le projet de La Gabière. Ce modèle vise à sécuriser l’accès au logement pour les résident·es locaux en limitant la logique de spéculation.

Un reportage de Roland Taraud de Neptune FM, à la rencontre d’Emmanuel Maillard et Elsa Marchais de la mairie de l’Île d’Yeu, ainsi que Roxanne Berger, Daniel Alix et Nicolas Thébault, tous trois membres et futures résident·es de La Gabière. Le reportage est suivi d'un éclairage de Kévin Chesnel, architecte-urbaniste, Docteur en aménagement de l’espace et urbanisme à l'École nationale supérieure d'architecture de Nantes.

En France, de plus en plus de foyers se tournent vers l’habitat participatif ou habitat partagé. Même si cela reste encore marginal, on recense tout de même aujourd’hui des centaines de projets d’habitats partagés sur notre territoire et ce mouvement est en hausse depuis les années 2000.

Dans le quartier des Quatre Moulins à Brest, s’est monté depuis 2015 le projet Ekoumène, un habitat participatif géré par ses habitant·es via une association. Né d’une envie de vivre de manière différente, Ekoumène rassemble les valeurs partagées par ce collectif : lien social fort, approche environnementale, cadre juridique favorable, prise de décision collective et surtout la revendication d’un accès au logement pour toutes et tous qui repose sur un modèle non spéculatif.

Un reportage d’Aurélie Deniel de Fréquence Mutine avec Natacha, Audrey et Tony, habitant·es d’Ekoumène, suivi d'une interview de Pierre Servain, Enseignant au Laboratoire d’étude de recherches en sociologie à l’Université de Brest Occidentale qui a travaillé sur ce concept d’habitat groupé participatif.

Face au changement climatique, qui concerne l’ensemble de la société, il est essentiel de dépasser les oppositions simplistes entre ville et campagne pour s’intéresser aux multiples formes d’écologie qui émergent aujourd’hui partout en France. Parmi elles, une écologie portée par les classes populaires, souvent absentes des récits dominants, alors même que leur empreinte énergétique reste bien inférieure à celle des catégories les plus favorisées.

C’est ce que propose le syndicat Front de Mères actif au sein du quartier Maurepas à Rennes lors de cette quatrième édition des Dingueries de la Terre. Au cœur de cette rencontre, l’idée d’une “écologie pirate”, une écologie ancrée dans les quartiers populaires, pensée comme un outil d’émancipation face aux inégalités sociales et environnementales.

Un reportage de Romane Huber et Estel Vazquez de C Lab avec Priscilla Zamora, chargée de la branche rennaise de Front de Mères, Elisa, membre du collectif, Didier Laboue, administrateur dAccueil Paysan en Ille-et-Vilaine, Camomille du Réseau de ravitaillement des luttes, Edy du Collectif des agriculteurs philanthropes du 35, ainsi que des enfants du quartier de Maurepas.

Suivi d'une interview d’Edith Gaillard, maîtresse de conférences en sociologie à l’Université de Bretagne Occidentale, rattachée au Laboratoire d’études et de recherche en sociologie par Héloïse Décarre de C Lab.

Depuis les années 1970, la côte bretonne connaît des proliférations d’algues vertes qui provoquent des échouages massifs sur le bord de mer. Ces « marées vertes » ont des impacts sur l’environnement et l’économie. Elles représentent aussi un risque sanitaire lorsque les algues échouées s’accumulent et se décomposent.

Pour lutter contre ce phénomène, plusieurs acteurs associatifs et élus se mobilisent depuis des années pour alerter sur la dangerosité de ces marées vertes. Quelles soient de nature juridique, politique ou culturelle, ces revendications sont loin d’être terminées. Même si récemment une première reconnaissance de ces combats s’est traduite par la condamnation de l’Etat dans la mort d’un joggeur provoquée par les algues vertes en 2016.

Un reportage de Morgan Large de Radio Kreiz Breizh avec Arnaud Clugery d’Eau et rivières de Bretagne, Yvette Doré ancienne maire d’Hillion et André Ollivro de l’association HAMV - Halte aux marées vertes suivi d'une interview de Tudi Kernalegenn directeur de Bretagne Culture Diversité, enseignant-chercheur en sciences politiques et auteur de livres sur l’écologie en Bretagne.